Entre soulagement et inquiétudes, le retour des étudiants partis en mobilité hors Europe

En stage, en semestre d’étude ou en césure, nombreux étaient les étudiants de l’université de Rennes 1 effectuant une mobilité, certains à l’autre bout du monde, au moment où les frontières ont commencé à fermer, suite à la pandémie covid 19 dans le monde. Un dispositif de soutien spécifique, dont une aide financière d'urgence de la Fondation Rennes 1, a été mis en place afin de faciliter leur retour anticipé

Marine Lorier (Australie), Sara Bruhier (Japon), et Luc Gordon (Argentine)
  1. Des situations diverses face à la pandémie
  2. Trouver un vol de retour, un parcours du combattant

Face à une situation imprévisible et de nombreuses inconnues, une épidémie ressentie différemment selon le pays où l’on se trouve, ils ont choisi de rentrer en France, sur les recommandations ministérielles et de l’université.??

Suite à la fermeture des frontières et à la raréfaction des vols de retour, voire la fermeture complète des lignes commerciales, les autorités fran?aises à l’étranger ont mis en place des vols spécifiques, en coordination avec le ministère de l’enseignement supérieur, suite au signalement des étudiants fran?ais sur place rencontrant des difficultés pour rentrer en France. Grace à la procédure de signalement et la cellule spéciale mise en place à l’université de Rennes 1 dans le cadre de l’épidémie Covid-19, une attention particulière a été portée sur les étudiants rencontrant d’importantes difficultés pour rentrer en France, afin de leur permettre, en lien avec les dispositifs de signalement auprès des ambassades.

La Fondation Rennes 1, dans le cadre d'un déblocage de fonds exceptionnel pour pallier les difficultés rencontrées par l'ensemble des étudiants, a permis d'aider financièrement les étudiants en situation de difficulté à l'étranger.

Des situations diverses face à la pandémie

Au Japon, les précautions sanitaires ont été mises en place dès la mi-février, de sorte que les étudiants, les professeurs, tout comme les personnes dans la rue, portaient pour la plupart des masques. L'épidémie est devenue très vite une réalité pour Sara, modifiant ses habitudes et son quotidien.

Sur place (au Japon), cela faisait depuis environ mi-février que la majorité des personnes portent un masque quotidiennement et c’est depuis mars que tous les magasins et pharmacies sont en rupture de stock de masques et de gels hydroalcooliques. [...] Je continuais à sortir comme d’habitude, je ne prenais jamais le train aux heures de pointe et je me désinfectais toujours les mains. (Sara)
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Dans d'autres pays, l'épidémie n'est pas vécue de la même fa?on, et la vie continue au contraire comme avant. Difficile dans tous les cas d'imaginer les semaines à venir, et de prendre très rapidement la décision de rentrer ou non en France.

En Australie, la situation était moins inquiétante et il y avait décalage par rapport à l'Europe. (Aujourd'hui?: 6000 cas confirmés en Australie contre 100 000 en France). Sans les informations à la TV, il était difficile de croire ce qui se passait dans le monde, car en Australie on continuait nos vies sans soucis (Marine)

Je vivais dans un quartier argentin de classe moyenne-moyenne basse dans le centre de la capital. J'ai suivi de très près le développement de l'épidémie mais depuis le début (comme tout le monde) je sous-estimais la gravité du virus. J'ai commencé à m'inquiéter quand la situation s’aggravait en Europe sans jamais penser que le virus viendrait poser un souci à ma vie en Argentine (Luc)

Trouver un vol de retour, un parcours du combattant

Les étudiants en mobilité, qui avaient pour certains réservé depuis des mois leur billet de retour, ont du modifier leurs plans, suite à l'évolution très rapide de la situation. Sara avait pris un billet d'avion pour rentrer du Japon le 1er avril, qui devait transiter par la Chine (qu'elle n'a pas pris au vu de la situation sanitaire sur place), a finalement pris un vol direct pour Paris, mis en place par Air France suite à la mobilisation des autorités fran?aises sur place et de la cellule interministérielle remontant les cas d'étudiants en difficulté. Pour Luc, c'est le début du confinement en France qui a précipité sa décision de rentrer.
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Finalement en l’espace d’un week-end, j’ai acheté un troisième billet d’avion via la compagnie Air France qui s’occupait de rapatrier les fran?ais. Mon voyage retour a duré trois jours. L’équipe de l’avion a fait du bénévolat pour permettre aux fran?ais de rentrer en France et je leur en suis très reconnaissante pour leur courage et leur dévouement
(Sara, Japon)

Le confinement a été mis en place en France. C'est à ce moment, suite à des conversations avec mes parents et la réception d’e-mails de l'université de Rennes 1 (et le message officiel du président de la république) me conseillant fortement de rentrer que mon état d'esprit a changé. Je me suis donc inscrit sur la liste des fran?ais souhaitant rentrer à travers l'ambassade et la plateforme "le fil d'Ariane" (Luc, Argentine)

Marine est elle aussi rentrée avec l'un des vols mis en place par Air France, suite aux annulations successives des vols. Venant de Brisbane où elle faisait son stage, elle a pu être hébergée à Sidney par des fran?ais sur place:
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Après plusieurs billets d'avions annulés (et non remboursés...), j'ai suivi les conseils de l'Ambassade de France?: rejoindre Sydney pour attendre le vol de rapatriement. Une fois là-bas, j'ai été hébergée gratuitement par une famille fran?aise vivant en Australie, grace au site SOS-toit.
(Marine, Australie)

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Ces trois étudiants sont à présents rentrés chez eux en France.? Comme les autres étudiants de Rennes 1, ils continuent de suivre des enseignements à distance, l'université restant fermée jusqu'à la fin de l'année académique.
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Finalement, je me trouve très chanceuse car j’ai pu terminer mon échange, revenir en France et je viens de commencer comme prévu mon stage, en télétravail. Cela n’aurait pas pu être possible sans l’aide de toutes les personnes et institutions que j’ai mentionnées. Et ma semaine supplémentaire au Japon m’a permis de contempler la floraison des cerisiers.